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Tout savoir sur L’APLV

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Tout savoir sur L’APLV

L'APLV

Après plusieurs semaines/mois de doute, le diagnostic est posé. Le médecin vous a dit que votre enfant était très probablement allergie aux Protéines de lait de vaches (L’APLV). Dans cet article je vais tenter de vous donner un maximum de réponses sur toutes les questions que vous vous posez sur L’APLV.

Rappel sur l’allergie

L’allergie est un dérèglement du système immunitaire qui correspond à une perte de la tolérance vis-à-vis de substances a priori inoffensives : les allergènes. Si le nombre de personnes allergiques semble considérablement augmenté depuis plusieurs décennies, il existe aujourd’hui des solutions efficaces pour leur prise en charge, qu’il s’agisse de traitement médicamenteux ou de stratégie de désensibilisation

Aujourd’hui 25 à 30% de la population est allergique à quelque chose. La majorité des allergies sont causées par des anticorps IgE. Pour qu’une allergie se déclenche il faut 2 choses:

  • Une prédisposition génétique
  • Une exposition à l’allergène

Les réactions allergiques vont être différentes selon les personnes, selon les allergènes. Elles peuvent aussi évoluer dans le temps, et peuvent parfois se faire passer pour d’autres types de pathologies. Pas facile donc parfois de déceler une allergie et pour certaines personnes, le diagnostic peut être très long. Heureusement, le savoir médical est tout de même très important, mais il reste des zones d’ombre. 2 personnes peuvent donc être toutes 2 allergiques aux amandes, et pourtant leurs symptômes ne seront pas forcément à 100% les mêmes.

Source, Inserm 

Cette différence de symptômes selon les personnes, et au cours du temps, est d’autant plus vraie en ce qui concerne l’Allergie aux Protéines de Lait de Vache, l’APLV. Nous allons y revenir mais je souhaitais d’abord faire un rappel important. L’Allergie aux Protéines de Lait de Vache et l’Intolérance au lactose sont 2 choses complètement différentes ! L’allergie aux PLV est une réaction du système immunitaire, contre les protéines contenues dans le lait, la plus fréquente étant la caséine.  L’Intolérance au lactose est une insuffisance de notre corps en lactase, qui est une enzyme permettant de digérer le lactose, qui est le sucre du lait. Les symptômes sont digestifs : ballonnements par exemple. Mais l’Intolérance au lactose ne provoque pas de risque vital pour une personne. L’Allergie oui!

On peut noter que l’APLV concerne principalement les bébés et les enfants en bas âge. C’est une allergie qui contrairement à d’autres, peut disparaître en grandissant. Mais ce n’est pas garanti. Il peut aussi arriver que l’APLV se transforme en grandissant vers une allergie dite respiratoire (acariens, pollens, etc), ou vers de l’Intolérance au lactose

Enfin, il faut savoir que le lait de vache est un allergène croisé avec les autres laits animaux, avec le bœuf, le veau et le soja. Il est donc possible (mais pas obligatoire) qu’un enfant APLV, soit également allergique à un autre de ces aliments, ou même à tous.

Les Symptômes de L’allergie au lait de vache (L’APLV)

Il existe un grand nombre de symptômes de cette allergie. Afin de les rendre plus clairs, nous allons les classer en 3 grandes catégorie. Dans un article différent, je vous parlerez mieux de ces symptomes de l’allergie.

  • Les Symptômes respiratoires : Rhinites, notamment lorsqu’elles sont à répétition, Bronchiolites, aussi quand elles sont à répétition, conjonctivites quand elles sont à répétition là encore, toux, asthme, otites à répétition également, choc anaphylactique.
  • Les Symptômes cutanés : Eczéma dans une grosse majorité des cas, urticaire, œdème de Quincke
  • Les Symptômes digestifs : RGO (reflux gastro-oesophagien), Coliques, diarrhées, vomissements, constipation

J’aimerai rajouter un point essentiel. Nous savons tous qu’un bébé pleure beaucoup mais jamais pour rien. Les bébés sont des petits êtres qui ont des besoins, des envies mais aussi des gênes. Ils sont incapable de nous parler, sont seul moyen de communication est le pleure. Alors si votre bébé pleure toute la journée “sans raisons” et qu’en plus il montre des symptômes si dessus, la piste allergique devrait être exploitée sans plus attendre.

Les manifestations immédiates et retardées de L’APLV

Les symptômes de L’APLV peuvent être immédiats ou alors retardés.
Dans L’APLV immédiate, les symptômes apparaissent habituellement dans les minutes suivant l’ingestion, au maximum dans les 2-3 heures. Dans les APLV retardées, les symptômes sont plus tardifs, au moins 2 heures après l’ingestion, voir même souvent plusieurs jours.
Dans L’APLV retardé, il est parfois difficile de faire le rapprochement de l’allergie. En effet, il est bien rare de se souvenir de ce que bébé à mangé 48h avant. L’allergie sera donc plus facile à déceler avant la diversification.

Le diagnostic

L'APLV et son diagnostic
Source: Pas à pas en Pédiatrie

Les tests cutanés à lecture immédiate réalisés par prick tests et/ou le dosage des IgE spécifiques aux protéines de lait de vache (PLV) (3) constituent la première étape de l’exploration allergologique. L’extrait allergénique a été retiré du marché et les tests cutanés sont dorénavant effectués à l’aide d’une goutte de lait de vache pur (extrait natif). Certains auteurs ont suggéré une corrélation entre le taux des IgE spécifiques et la réalité de l’APLV. Cependant, selon des recommandations pédiatriques françaises récentes, on ne peut retenir de valeur seuil pour les IgE spécifiques dont la variation est fonction de l’âge de l’enfant au moment du diagnostic et du tableau clinique.

Dans le cas de manifestations retardées, les prick tests et/ou les IgE spécifiques peuvent être négatifs. Devant une symptomatologie digestive chronique et /ou un eczéma résistant au traitement, ces examens seront complétés par un patch-test au lait (4) dont la sensibilité augmente avec l’âge de l’enfant. Pour certaines équipes, ce test prêt à l’emploi et non remboursé appelé Diallertest®est préconisé en première intention dans les réactions retardées. Ce test a une meilleure sensibilité que le patch test classique réalisé avec des Finn Chamber.

Dans le cas de manifestations immédiates, la positivité de ces 2 tests (5) signe une APLV et conduit à la mise en place d’un régime d’éviction pendant au moins 6 mois. Cependant leur négativité ne permet pas d’éliminer formellement le diagnostic d’APLV. Si les tests allergologiques sont négatifs (6), le diagnostic d’APLV ne peut être retenu (8). La persistance des symptômes sous régime alimentaire normal devra faire poser l’indication d’un test de provocation orale qui permettra de diagnostiquer une éventuelle APLV. Dans certains cas d’anaphylaxie grave (7), les tests peuvent être négatifs ; un régime d’éviction sera donc proposé et réévalué à distance.

Si les tests allergologiques sont tous négatifs (9), le diagnostic d’APLV ne peut être retenu et il convient de rechercher une autre cause (10). En l’absence d’autre cause, un régime d’épreuve sans PLV (11) peut malgré tout, être proposé pendant 4 à 6 semaines avec une réintroduction du lait ensuite. De nombreux symptômes digestifs ou extra digestifs non spécifiques peuvent faire évoquer une APLV. Par ailleurs le passage d’un lait usuel à un lait de régime modifie de nombreux paramètres (glucides, lipides, protéines, vidange gastrique, temps de transit…). Ceci explique les fréquents diagnostics par excès d’APLV. Une tentative précoce de réintroduction peut être proposée quand le diagnostic ne paraît pas assuré, en dehors de l’anaphylaxie.

Si un des tests allergologiques est positif (12), un régime d’éviction des PLV (13) sera mis en place.Le régime d’éviction fait appel chez le nourrisson à un hydrolysat poussé de caséine ou de protéines du lactosérum. Hormis au début, dans le cas des formes digestives avec retard de croissance, la présence de triglycérides à chaînes moyennes n’est pas nécessaire. Le lait de soja n’est pas recommandé chez les nourrissons. Dans de rares cas, le régime d’éviction peut être modifié en cas d’allergie avérée aux hydrolysats, avec prescription de mélanges d’acides aminés (Neocate® ouNutramigen AA®). Chez l’enfant diversifié, une consultation de diététique est indispensable avec réévaluation du régime.

Seule l’efficacité du régime évaluée après 4 semaines et une réintroduction des PLV dans un deuxième temps, permettra de porter le diagnostic d’APLV. En revanche si les symptômes cliniques initiaux persistent, il ne s’agit pas d’une APLV.

La chronologie et le type de symptômes présentés par l’enfant guident l’exploration allergologique. L’histoire clinique et les tests allergologiques suffisent le plus souvent pour diagnostiquer une APLV. Cependant, dans certains cas, c’est l’évolution après éviction stricte des PLV, voire le TPO qui apporte la preuve de l’APLV. L’évolution de l’APLV se fait le plus souvent vers la guérison spontanée. Certains enfants, chez qui persiste une APLV, pourront bénéficier d’une induction de tolérance qui nécessite ultérieurement une prise régulière de lait.

Le traitement de L’APLV

Un seul traitement préventif : l’EVICTION ! Si vous constatez une allergie aux PLV que ce soit sous forme immédiate, ou retardée, il n’y a qu’une seule chose à faire et tout de suite, c’est de ne plus en consommer ! Vous pourrez ensuite envisager une réintroduction des PLV en temps voulu et à définir avec votre médecin.
De plus, selon le type d’APLV, la réintroduction pourra se faire ou ne pas se faire. Si elle se fait, elle peut-être en milieu hospitalier ou à domicile, se fera avant 3 ans ou après. Personne d’autre que le médecin qui suit votre enfant (médecin qui connait bien l’APLV bien sûr) ne peut vous dire exactement quand réintroduire et comment.

Pour les bébés, il existe différents laits pour l’allergie aux protéines de lait de vache. Les laits végétaux, les laits à base d’hydrolat de protéines et les laits à base d’acide aminés.
Dans cet article, je vous parle des différents laits.

En attendant la réintroduction, votre médecin vous donnera également le protocole d’urgence en cas d’ingestion accidentelle de PLV. Celui-là variera selon le type d’APLV, immédiate ou retardée, et selon les symptômes de votre enfant. Cela pourra être des corticoïdes, de la ventoline, de la crème pour l’eczéma, des sachets de réhydratation, etc….

L’évolution de L’APLV

L’APLV fait partie des allergies qui peut disparaitre en grandissant. C’est d’ailleurs le cas dans la très grande majorité des cas. Au grand soulagement de nombreux parents ! Maintenant, il arrive que cette APLV persiste au-delà des 3 ans de l’enfant, et là il faut donc s’armer de patience et de précautions. Une APLV retardée peut aussi devenir immédiate, l’inverse est moins fréquent. 

L’APLV peut aussi se « transformer » en une intolérance en lactose, en grandissant. Elle peut aussi évoluer vers des allergies respiratoires, comme une allergie aux acariens. Elle peut disparaitre pour laisser la place à de l’asthme ou encore disparaitre mais garder une peau atopique à vie. Là encore, aucune obligation. Il faut juste savoir que cela peut arriver mais ce n’est pas systématique.

Pour conclure ce long article, je voudrais d’abord vous remerciez d’avoir lu jusqu’au bout. La découverte de l’APLV peut ne pas être facile. Mais vous y arriverez. L’organisation risque d’être différente, la mise en place d’une nouvelle routine peut prendre du temps. Il faut avoir confiance en vous, aux médecins. Sachez que personne ne connait mieux votre enfant que vous. Vous seul savez ce qui est le mieux pour lui;
Ecoutez votre instinct de maman.

(2) Comments

  1. […] cet article, je vous explique qu’est-ce que L’APLV. Mais à côté de ca, savez-vous ce que c’est les PLV ? Le lactose […]

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